20/03/2004

RADIOACTIF

 

En 1976, l’architecte Luc Schuiten, membre du Mass And Individual Moving, met sur pied un projet de maison écologique, OREJONA. ORAS collabore très étroitement à ce projet et lance en parallèle une série de Monuments radioactifs.

Le 8 mai 1976, les deux premières œuvres d'art radioactives sont placées à Bruxelles (Rond point Schuman, là où bat le cœur de la Communauté européenne) et au centre culturel de Turnhout. Il s’agit de deux cubes de béton (2x2x2 mètres) dont les parois sont frappées du sigle international de danger radioactif. Dans leur centre respectif repose un noyau constitué de Radium 226 / 2052 M. Curie.

Par le biais de ce projet, M.A.I.M veut attirer l’attention de l’opinion publique sur les dangers liés au traitement des déchets nucléaires. Le message véhiculé est clair : la population doit pouvoir veiller sur ce qui pourrait, un jour, constituer un danger.

Avec l’appui du Stedelijk Museum d’Amsterdam, un troisième Monument radioactif voit le jour le 21 juin 1976 sur le Leidseplein, dans le cadre de l‘Amsterdams Vliegerfeest. Cette fois, les parois du cube sont recouvertes de gazon. Le sigle de danger radioactif est dessiné à l’aide de roses artificielles dont le cœur est rendu fluorescent par l’utilisation de Tritium.

Le quatrième Monument radioactif prendra la forme d’un caveau creusé près du rempart Lucas Bolwerk et sera inauguré le 29 octobre 1976, dans le cadre des Lustrum-feesten de l’Université d’Utrecht.

Dans le même esprit, ORAS réalise, à la demande de l’artiste hollandais Marius Boezem, un Monument radioactif pour le projet "Podio del mondo per l’arte" [Podium mondial pour l’art], inauguré à Middelburg le 20 novembre 1976. Le Monument créé consiste en une dalle de béton armé d'un mètre carré, recouvert de granit poli. Le signe de la radioactivité est réalisé en cuivre. Sous cette dalle, repose une balle de ping-pong imprégnée de Tritium 450 M. Curie 3 H ainsi qu’un texte du poète flamand Marcel Van Maele "Bericht aan de bevolking" [Avis à la population - celle de l'an 2076 pour être plus précis] frappé sur une feuille de plomb.

Lors de cette inauguration, les archives de la Ville de Middelburg reçoivent une enveloppe scellée dans laquelle se trouvent les documents concernant la dalle ainsi que la correspondance d'ORAS au sujet de l'oeuvre. A cette enveloppe est joint un message de l'archiviste destiné à ses collègues du futur, les invitant à desceller officiellement l'enveloppe le 20 novembre 2076 et à organiser à cette occasion une grande fête populaire.

Encore aujourd’hui, les manifestations anti-nucléaires organisées à Middelburg partent de cette dalle symbolique, située sur la Graan Markt […]

Conception et réalisation : Raphaël August Opstaele.

Avec la participation de : Barbara Hahn, Pierre Gonay et Luc Schuiten.

15/03/2004

MAIM


 

Les Editions de la tempête est le premier Monument itinérant conçu par ORAS. D’autres suivront de 1976 à 1983… date à laquelle débutera la construction de la première Mecano-Sculpture.
 
En effet, durant les années qui succédèrent à la dissolution du Mass Moving, plusieurs projets furent initiés et menés de front : les Editions de la tempête, la série des Monuments radioactifs, l’Orgue éolien mondial, Disaster simulation - Fade Away, Plato, Ecce Homo et Pioneer. Par l’abondance et la diversité des initiatives, ORAS veut se prouver qu’il peut continuer seul l’aventure Mass Moving, indépendamment du collectif. Il construit jour après jour son propre univers et apprend à ne plus compter que sur lui-même.
 
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le manifeste du Mass And Individual Moving, envoyé par poste fin février 1976 (poster format Din A1), fait référence à Benu, l'oiseau sacré égyptien, symbole de régénération :
 
MASS AND INDIVIDUAL MOVING will be the new name.
POSTBUS 37 - 1000 BRUSSELS will be the new adress.
THE ERECTION OF MONUMENTS IN THE WORLD will be the new work.
THE PHOENIX BIRD will be the new lebel.

 
Nous sommes en 1976.
Pour ORAS, il n’y a pas une minute à perdre. Parallèlement aux Editions de la tempête, il travaille à l’élaboration de Monuments radioactifs […]

08/03/2004

KRINGLOOP

 

En 1976, ORAS conçoit son premier Monument itinérant.

Les Editions de la tempête, en parfaite adéquation avec les préoccupations écologiques de l’époque, est un moulin à vent (Kringloop) destiné à l’impression de poèmes sur du papier fait main, laissant apparaître une poignée de mains en filigrane.

C’est à Ostende, le 1er août 1978, que ce projet est présenté pour la première fois. Plusieurs poètes belges et étrangers acceptent de participer à l’événement, le plus souvent avec des créations originales : Erneste De Sousa, Kamagurka, Marcel Van Maele, Stefaan Ponette, Herman J. Claeys, Walter De Buck, Ludwig Alene, Wis Jacobs, Frank de Crits, Jean-Pierre Maes, Luc Schuiten et Paul Gonze.

Au terme de cette action, une édition bibliophile est constituée, rassemblant les documents imprimés sur place.

Entre 1978 et 1980, six éditions bibliophiles seront ainsi réalisées. Les Editions de la tempête sera par ailleurs présent lors de nombreux événements artistiques et/ou culturels :

Belgique
Ostende - Paulusfeesten - 1978
Gent - Centurm Stadsanimatie - 1978
Nieuwport - Cyclo Campus - 1979
Bankenberge -  Journal "de Morgen" - 1979
Heist - Humorfestival - 1980 
Liège - Journal "La Cité" - 1980
Opheylissem - 150 ans de la Belgique - 1980

Pays-Bas
Alkmaar - Centre culturel - 1989
Middelburg - Jeugd en Muziek - 1980
Vlissingen - Jeugd en Muziek - 1980

Allemagne
Stuttgart - Kunstler Kongress - 1980
Ingelheim Rhein - Ingelheimer Zeitung - 1980 [...]

Conception et réalisation : Raphaël August Opstaele.

Avec la participation de : Barbara Hahn et Jean-Claude Desclin.

01/03/2004

ORAS

 

RETOUR IMMEDIAT - MASS MOVING DISSOUT - ARCHIVE MATERIEL SOUS SEQUESTRE - DESTRUCTION DECIDEE - TELEPHONER BELGIQUE POUR DATE RETOUR.

En janvier 1976, ces mots marquent la dissolution du groupe événementiel Mass Moving et mettent un terme à sept années d’art participatif dans la rue.

C’est à ORAS, alors dans le grand Nord avec quatre autres Mass Movers afin de placer le dernier maillon du Sound Stream, qu’est adressé ce télégramme de rupture (réceptionné le 11 janvier 1976 au Lunds Konsthall de Stockholm). A l’origine de cet acte radical : des conflits d’autorité et de pouvoir au sein même du collectif. ORAS se voit reprocher son émergence en tant que leader.

Or, ce qui devait constituer une fin en soi s’avère pour ORAS une opportunité. En effet, un mois après la dissolution du Mass Moving, il publie le 9 février 1976 (jour de ses 44 ans) un manifeste annonçant la création du Mass And Individual Moving. A ses côtés, cinq personnes dont quelques anciens du Mass Moving : Luc Schuiten, Frans Weyler, Barbara Hahn, Claire Lamy et Johan Opstaele. Cette fois, on ne parle plus de collectif mais d’association. ORAS introduit par ailleurs la notion de "responsabilité individuelle".

Bien entendu le Mass And Individual Moving s’inscrit dans la continuité du Mass Moving, de par l’importance accordée à la rue. ORAS donne toutefois au mouvement une orientation radicalement différente. En effet, alors que le Mass Moving mêlait la performance, le happening, l’art, la politique et le social, le Mass And Individual Moving se recentre plus sur la démarche artistique. ORAS délaisse son rôle d’agitateur, de contestataire et revendique celui d’artiste. Dans le même ordre d’idée, il parle de projets et non plus d’actions.

C’est également avec la création du Mass And Individual Moving qu’apparaît pour la première fois le concept de Monuments itinérants. ORAS en a assez des initiatives éphémères, des actions spontanées, des interventions sauvages. Il veut endosser ses responsabilités d’artiste […]