24/05/2004

PIONEER

 

En 1976, ORAS conçoit son premier Monument itinérant : Les Editions de la Tempête, un moulin à vent destiné à l’impression de poèmes sur du papier fait main.

Quatre années plus tard, il confirme son intérêt pour les procédés d’impression, les techniques de reproduction et les énergies douces en construisant Pioneer, une machine à imprimer fonctionnant à l’énergie solaire. 

Le conseillent dans cette entreprise : Xavier Looze, ingénieur électricien ainsi que le département ESAT Electro-technique de l’Université Catholique de Louvain qui lui fournira par ailleurs gracieusement les deux panneaux photovoltaïques de 4 mètres carré nécessaires à l’alimentation du moteur électrique.

Réalisé entièrement en bois, Pioneer est destiné à l’impression de slogans poétiques sur des feuilles de papier grand format (1,20 x 2,40 mètres). Son nom fait référence à la sonde lancée par la NASA début des années septante et destinée à être le premier engin fabriqué par l’Homme à sortir du système solaire. Plus encore que les œuvres précédentes, Pioneer annonce très clairement le Mecano-Art de par la complexité de son mécanisme, son design soigné et son caractère monumental (350 kilos).

Une police de caractère inédite est parallèlement conçue par ORAS pour l’impression de ces slogans poétiques. Parmi ceux-ci : Nulla est verae creationi Patria [La véritable création est apatride], le premier slogan imprimé grâce à Pioneer et exposé en guise de manifeste lors de chaque action.

La première mondiale de Pioneer a lieu à Anvers, le vendredi 8 mai 1981, à l’initiative de l’Internationaal Cultureel Centrum [ICC Antwerpen]. Dix poètes sont invités et dix slogans poétiques imprimés sur place grâce à l’énergie solaire : Paul DeVree, Patrick Conrad, Herman Hobbit, Eddy Van Vliet, Marcel Van Maele, Gust Gils, Rudy De Rybel, Nic Van Brugge et Raphaël August Opstaele. Signés par leurs auteurs et contre signés par ORAS, ces slogans sont ensuite exposés dans les rues de la ville.

De 1981 à 1983, Pioneer connaît un succès grandissant. Les invitations dans le cadre d’événements artistiques, littéraires et culturels se succèdent :

• Amsterdam - De brakke grond - Vlaams Cultureel Centrum (Mai 1981) - Bert Popelier, Frank De Crits, Eddy Van Vliet, Nic Van Brugge, Patrick Conrad, Freddie Smeekens, Marcel Van Maele, Luuk Gruwez, Patricia Lasoen, Mark Insingel, Willem Roggeman et Raphaël August Opstaele.

• Hollande - Osdorp - Exposition ‘Kunst & Kitsch’ (1981)

• Hollande - Middelburg - Festival ‘Niewe Muziek’ (Juin 1981) - Kei Takei, Maarten Altena, Weizer, Nico Van Den Boezem, Wim Buys, Bernard Mache, Schaffer et Raphaël August Opstaele.

• Hollande - Utrecht - Nuit de la poésie (Février 1982) - Bert Popelier, Marcel Wauters, Roobjee, Heleen Hildering, James Bordello, Jean Pierre Rawie, Gust Gils, Thomas Rap, J.A.Deelder, Jonny Van Doorn, Lizzy Clara May, Clara Haesaert, Bart Chabot, Drs. P. Bernlef, Marcel Van Maele, Herman De Coninck, Freddy De Vree, Chris Yperman et Frank De Crits.

• Allemagne - Hamburg - Evénement littéraire  ‘Literatrubel’ (1983)

• France - Arles  - Festival ‘Images’ (1983)

• Hollande - Bergen - Kunstenaarscentrum (1983)

En janvier 1982, ORAS invite quatre membres du Mass And Individual Moving [Jean-Claude Desclin, Barbara Hahn, Robby Bierens et Marcus Gunti] ainsi que le poète flamand Marcel Van Maele à participer à une expédition peu banale : direction le pré désert saharien [plus précisément Mechra-Ben-Abou] par la route Tanger-Meknès, Meknès-Azrou, Azrou-Marrakech afin d’y imprimer une série de slogans poétiques. Pioneer est transporté à l’aide d’une remorque. Malgré quelques démêlés avec la police militaire marocaine, dix éditions bibliophiles comportant chacune 10 slogans poétiques sont créés et imprimées sur place. Chacune d’elles sera numérotée de 1 à 10, signée par Marcel Van Maele et contre signée par ORAS.

Pendant ce temps, un autre Monument itinérant prend forme dans l’atelier d’ORAS : Phoenix […]

Conception et réalisation : Raphaël August Opstaele.

Avec la participation de : Barbara Hahn, Jean-Claude Desclin et Xavier Looze.

04/05/2004

PLATO


 

Par le biais d’une affiche annonçant le projet Disaster Simulation - Fade Away, ORAS fait en 1977 la rencontre fortuite de Bert Camstra, alors Directeur de la section Computergestuurd onderwijs de l’Université d’Amsterdam. L’impulsion est donnée. Ils décident de simuler une nouvelle explosion atomique, cette fois de manière virtuelle, via le système informatique Plato (ancêtre de l’Internet). La consultation s’effectue via des terminaux à écrans noirs.
 
Ainsi, le 3 novembre 1978, moins d’un an après Disaster Simulation - Fade Away, ORAS présente Plato: You are invited to take part in a worldwide computer communication event * This simulation of a real disaster is a monument.
It’s a work of Art * Please do not touch your keyboard, simulation runs by itself * After the simulation, you can share in a world wide computer conversation * It’s Apocalypse time.
 
Si Disaster Simulation - Fade Away a une portée principalement locale, Plato prend plutôt la forme d’un happening à l’échelle mondiale.
 
L’originalité provient également de la possibilité pour les utilisateurs du système Plato de re-créer à posteriori l’événement, stocké en mémoire.
 
L’événement, réalisé en commémoration de l’explosion atomique de Nagasaki, est suivi d’un échange d’idées entre les utilisateurs de Plato (originellement, réseau universitaire).
 
Ces confrontations ainsi que d’autres documents viennent compléter la simulation virtuelle.
L’ensemble se veut une "leçon sur un exemple d’art conceptuel" mais également une oeuvre d’art, au même titre que Disaster Simulation - Fade Away […]

Conception : Raphaël August Opstaele et Bert Camstra.

Programmation et réalisation: Peter Mattijsen et Markus Van Dijk.

Avec la participation de : Willem Van Der Avoird, Herman Claeys, Pierre Gonay, Barbara Hahn, Johan Opstaele, Joke Stoop et Anneli Stunnenberg.