16/06/2004

PHOENIX

 

Avec Phoenix, ORAS ne vise plus seulement les poètes mais s’adresse également aux plasticiens. A l’origine de ce projet, une loi mécanique selon laquelle "une masse en mouvement a la particularité de produire un travail grâce à sa vitesse". Le résultat : une sculpture en bois lamellé, de deux tonnes et demi, destinée à la frappe de médaillons grand format [330 x 330 mm] dans des métaux nobles comme l’argent, l’or ou le cuivre.
 
Les études et dessins préparatoires pour Phoenix dureront deux ans, de 1982 à 1983. Deux années durant lesquelles ORAS consultera de nombreux livres d’atelier relatifs au principe de la roue dentée. Car cette fois, ce n’est plus l’énergie éolienne ou solaire qui est mise en œuvre, mais bien la force humaine.
 
Autre problème auquel est confronté pour la première fois ORAS : le manque d’espace. Il décide donc de réaliser au préalable un dessin en taille réelle [échelle 1 sur 1], comme le font les constructeurs automobiles. Pour ce faire, il construit une table à dessin de 10 sur 3 mètres qu’il entrepose dans son atelier, rue Philippe de Champagne. Ce n’est qu’une fois le dessin terminé que chacune des pièces pourra être fabriquée indépendamment… pour être par la suite assemblées dans un atelier plus spacieux.
 
Au final, Phoenix mesurera 6 mètres de haut sur 11 mètres de long et 4,5 mètres de large. Pour un poids total de 2500 kilos. Un label en bas-relief, créé spécialement, est appliqué sur la sculpture. Il représente l’Oiseau Benu [déjà présent dans le premier manifeste du Mass And Individual Moving]. Egalement apposé sur le marteau, l’intitulé Mass And Individual Moving, traduit en latin [Massarum Atque Individuorum Motus]. L’ensemble des médaillons frappés portera le nom de Phoenix Works.
 
La première mondiale de Phoenix a lieu à Middelburg, en 1984, dans la cour intérieure de la Bibliothèque Provinciale transformée pour l’occasion en espace d’exposition. Phoenix impressionne par ses dimensions, par la perfection de ses lignes et par l’équilibre, la force qui émane de l’ensemble. La sculpture n’est pas encore jaune mais bien grise, poncée à l’eau durant plusieurs semaines jusqu’à atteindre un très bel effet "poli miroir".
 
Le premier médaillon frappé représente l’empreinte du sol sur lequel repose l’enclume. Cette empreinte est frappée deux fois : une première fois sur une fine feuille d’aluminium. Une seconde, sur une épaisse couche de kaolin. Le médaillon en aluminium est reproduit à plusieurs exemplaires et distribué aux passants.
 
Cette idée d’empreinte, initiée par l’artiste hollandais Nico Van Boezem, inspire ORAS qui multiplie les expériences. En 1989, il frappe l’empreinte du kilomètre zéro, pierre située dans la cour intérieure de l’Hôtel de Ville de Bruxelles. 
 
En 1998, ORAS est invité dans le cadre de la foire Flanders Technology [Gent] à frapper sur place le logo de l’événement représentant une poignée de main entre un homme et un androïde.
 
Du 1er au 31 janvier 2000, à Roeselare, ORAS frappe aléatoirement sur du cuivre rouge les trente pièces du puzzle "Reis naar een Nieuwe Tijdperk" [230 mm x 230 mm]. Une fois assemblées, ces trente pièces forment un panneau [1380 mm x 1150 mm] représentant le mouvement de la terre et du soleil et symbolisant la mécanique céleste. L’adresse géographique de Roeselare immortalise l’événement : 50° 57’ N 3° 7’ E.
 
Comme toutes les sculptures précédentes, Phoenix reflète les préoccupations de l’artiste. Cette fois, plus encore que pour Pioneer, c’est la précision du mécanisme, le design soigné et le caractère monumental qui priment […]
 
Conception et réalisation : Raphaël August Opstaele.

Avec la participation de : Barbara Hahn, Vincent Lambert, Xavier Looze, Serge Nicolas, Jean-Claude Desclin, Frans Pans, Pol De Zwijger et Roland Van Cauwenberg.

Commentaires

Pourquoi... la couleur jaune ?

Écrit par : K | 19/06/2004

Jaune ? Lumineux et stimulant, ce jaune (appelé 'jaune trafic') attire immédiatement le regard.
Il éclaire et donne l'impression d'avancer, contrairement au bleu qui éloigne (cfr les projets 'Voyageur Interplanétaire' et 'Anatomie de l'Extase').
Pour 'Les Sept Héros du Grand Paradoxe', ORAS préfère la couleur blanche, symbole de pureté.
Il est enfin amusant de constater que pour les premières sculptures, c'est la couleur naturelle qui est proposée... dans la continuité des préoccupations écologiques de l'époque.


Merci pour votre commentaire.
A bientôt,
Oras & Sator

Écrit par : Oras & Sator | 20/06/2004

MESSAGE VOCAL en direct de Mesnil L'Eglise [10.22] "Je suis à Mesnil L'Eglise sur le haut plateau, face au vent.
L'Orgue éolien se tient très bien.
L'essai est concluant.
Je vous embrasse très fort.
Je reviens d'ici haut vers le bas cet après-midi."

ORAS [en direct de Mesnil L'Eglise - 10.22 - Projet : Orgue éolien en matière composite]

Écrit par : ORAS | 23/06/2004

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