22/09/2004

ELDORADO & STATIONS

 

ORAS expose les Sept Héros du Grand Paradoxe à travers l’Europe lorsqu’il commence à concevoir Eldorado, nom donné au prototype duquel seront issues par la suite les trois Stations Interplanétaires.
 
Initialement, le principe mécanique d’Eldorado est similaire à celui des sept Héros. Toutefois, en cours de route, ORAS ressent rapidement le besoin d’innover, d’aller au-delà de ce qui a été fait précédemment.
 
Première innovation, la silhouette ne rappelant plus celle d’un oiseau mais celle d’un homme. Un gardien. Ensuite, l’œil, qui exigera à lui seul d’importantes études préparatoires afin d’éviter de tomber dans le classicisme. Enfin, le mouvement de la Mecano-Sculpture qui ne marche plus mais esquisse un pas, pour revenir ensuite à sa position initiale.
 
Ce mouvement est important pour ORAS. Il le qualifie de "pas de danse" et parle d’un "mouvement automatique, hypnotique, lancinant à la manière des pendules". A quoi s’ajoute le caractère autonome d’Eldorado qui n’exige pas autant d’attention que ne l’exigeaient les Sept Héros du Grand Paradoxe. Enfin, ORAS expérimente pour la première fois les techniques de construction en triangulation, similaires à celles utilisées pour la construction de la Tour Eiffel. Le registre exploité est celui des instruments de mesure et de la mécanique industrielle.
 
A posteriori, il est toutefois indéniable qu’Eldorado se différencie des autres Mecano-Sculptures. Principalement, de part la couronne lumineuse dont l’affuble ORAS. Le caractère ludique, léger et décoratif de l’ensemble est inattendu. Lorsqu’on le questionne sur ce point, ORAS évoque "son désir d’explorer les différentes facettes de son âme". Et ce, même si "le dark side reprend rapidement le dessus". Avec Eldorado, tout est là. La richesse est à portée de main. ORAS rêve secrètement d’insouciance, de beauté et d’abondance.
 
Un rêve de courte durée. Issus d’Eldorado, les Stations Interplanétaires retrouvent le sérieux, la profondeur et l’arrogance des Sept Héros du Grand Paradoxe. Et si l’Eldorado était ailleurs ? ORAS construit trois Stations Interplanétaires et fait ainsi référence à la conquête spatiale, à la mécanique céleste. Il a la conviction profonde que "sans espace, il n’y a pas d’issue". Et d’ajouter : "Certains se contentent de leur maison, de leur jardin, de leur village, de leur pays… moi, non !"
 
Difficile pour ORAS, suite au succès des Sept Héros du Grand Paradoxe et à l’émergence de l’intitulé Mecano-Art, de garder le cap. Pourquoi ne pas s’être arrêté après les Héros ? Pourquoi ne pas s’être contenté d’exposer les Mecano-Sculptures à travers l’Europe ? Voire même d’en réaliser des exemplaires miniatures afin de les commercialiser, comme cela lui a été proposé ? Parce que ORAS a toujours eu "le besoin viscéral de continuer à expérimenter de nouvelles choses, à innover, à s’aventurer au-delà des balises". La sécurité ne l’intéresse pas. Jusqu’à aujourd’hui, ORAS s’est toujours mis en porte à faux, volontairement. Instinctivement. Se mettre en danger, c’est pour lui ne pas laisser ses rêves ‘lettre morte’, ne pas s’enliser dans la facilité du moment.
 
Par la suite, les Stations Interplanétaires seront souvent exposées aux côtés d’autres sculptures, elle aussi quelque peu "différentes" : Génération Spontanée […]
 

Conception et réalisation : Raphaël August Opstaele.

Avec la participation de : Barbara Hahn, Vincent Lambert, Xavier Looze.